Secrétariat téléphonique IA pour avocat : ne plus perdre un dossier pendant une audience

Par Bruno Vigné, fondateur d'Appellia · Publié le

Quelqu'un qui cherche un avocat ne procède pas comme quelqu'un qui cherche un plombier : il ne connaît généralement personne, il est souvent inquiet, et il compose les numéros les uns après les autres jusqu'à ce qu'une voix réponde. Il ne laisse pas de message, et il ne rappelle pas.

Cet article décrit ce qu'un secrétariat téléphonique par intelligence artificielle change pour un cabinet, ce qu'il permet de filtrer, et surtout ce qu'il ne touche jamais.

Le premier cabinet qui décroche prend le dossier

C'est la mécanique la plus dure de ce métier, et elle n'a rien à voir avec la compétence : entre deux cabinets également qualifiés, celui qui répond est celui qui reçoit le rendez-vous. La liste des confrères de la même ville est publique, elle tient sur un écran, et la personne qui appelle la parcourt de haut en bas.

Un appel manqué n'est donc pas un appel reporté. C'est un dossier qui est allé ailleurs, sans que vous sachiez qu'il a existé. Et cela ne se voit dans aucun tableau de bord : on ne mesure pas les affaires qu'on n'a jamais eues.

Le même mécanisme joue sur l'image du cabinet. Un justiciable qui n'obtient pas de réponse n'en conclut pas que vous êtes occupé, il en conclut que vous êtes difficile à joindre. C'est précisément ce qu'il redoutait avant d'appeler.

L'audience, une injoignabilité annoncée

L'avocat n'est pas indisponible dix minutes comme un artisan qui a les mains dans un raccord. Il est indisponible par blocs : une matinée d'audience, un après-midi de rendez-vous enchaînés, un déplacement dans une juridiction. Pendant ces blocs, le téléphone est éteint ou en silence, et ce n'est pas négociable.

Le rappel du soir arrive donc plusieurs heures après. Pour un client existant qui suit son dossier, c'est acceptable. Pour un prospect qui appelait cinq cabinets, c'est trop tard depuis longtemps.

Ces mêmes blocs sont aussi le moment où la concentration a le plus de valeur : préparation d'une plaidoirie, rédaction de conclusions. Reprendre le téléphone entre deux paragraphes coûte davantage que le temps de l'appel.

Ce qu'elle ne fait pas, et ne doit pas faire

Une assistante vocale ne donne aucun avis juridique. Elle ne qualifie pas la recevabilité d'une action, n'évoque aucun délai de prescription, ne se prononce sur aucune chance de succès. Ces phrases-là n'appartiennent qu'à l'avocat, et une assistante qui s'y risquerait ferait courir un risque au cabinet plutôt que de lui rendre service.

Elle n'a pas non plus à recueillir le fond du dossier. Le nécessaire, à ce stade, est de savoir de quel domaine relève la demande et s'il faut un rendez-vous, pas de connaître les faits. Cela protège le cabinet et cela raccourcit l'appel, ce qui arrange tout le monde.

Elle n'annonce enfin aucun honoraire qui ne soit pas écrit par le cabinet lui-même. Si vos consignes ne mentionnent pas de montant, elle renvoie au rendez-vous, sans inventer un ordre de grandeur.

Ce qu'elle prend en charge

Le filtre vaut autant que le décroché

Pour beaucoup de professions, l'intérêt d'un standard est de capter davantage. Pour un cabinet d'avocats, il est au moins autant de recevoir moins : moins de démarchage, moins d'appels hors du périmètre du cabinet, moins de demandes qui relèvent d'un autre professionnel.

Une demande qui ne relève pas de vos domaines est annoncée comme telle dès la première réponse, sans questionnaire inutile. La personne n'est pas retenue quinze minutes pour rien, et vous ne récupérez pas un message qui ne vous concerne pas.

Ce tri a un effet secondaire utile : le temps que vous consacrez au téléphone se concentre sur les appels qui peuvent devenir des dossiers.

Appellia pour les cabinets d'avocats

Appellia est un standard téléphonique par intelligence artificielle destiné aux petites structures françaises. L'assistante porte le prénom que vous choisissez, suit des consignes que vous écrivez vous-même, et annonce qu'elle est une intelligence artificielle dès le début de l'appel.

Pour un cabinet, ces consignes servent surtout à borner : les domaines que vous traitez et ceux que vous ne traitez pas, ce qui doit être transféré immédiatement, la formule exacte à employer quand la demande sort du périmètre. Le ton se règle aussi : un cabinet d'affaires et un cabinet de droit de la famille n'accueillent pas de la même façon.

Elle répond dans la langue de la personne qui appelle. Et le contrôle reste chez vous : décrocher suffit à reprendre l'appel, le renvoi se suspend depuis votre téléphone, et votre numéro ne change pas.

Par où commencer

  1. Choisissez le périmètre le plus simple : les heures où personne ne répond aujourd'hui, et les créneaux d'audience. Là, la comparaison n'est pas « une assistante contre une personne », c'est « une assistante contre une sonnerie dans le vide ».
  2. Écrivez les consignes qui bornent : vos domaines, ce que vous refusez, ce qui doit être transféré, et la phrase de sortie de périmètre.
  3. Testez en appelant vous-même votre propre assistante, plusieurs fois, en jouant les cas que vous redoutez. Ajustez les consignes jusqu'à ce qu'elle accueille comme votre cabinet accueille.

Questions fréquentes

L'assistante peut-elle donner un avis juridique ?

Non, et ses consignes le lui interdisent explicitement. Elle n'évoque ni recevabilité, ni délai, ni chance de succès. Son rôle s'arrête à l'accueil, à l'orientation par domaine et au rendez-vous. Le conseil reste l'affaire de l'avocat.

Que fait-elle du fond du dossier ?

Elle n'a pas à le recueillir. Savoir de quel domaine relève la demande et s'il faut un rendez-vous suffit à cette étape. C'est plus protecteur pour le cabinet, et plus court pour la personne qui appelle.

Mes clients existants vont-ils tomber dessus aussi ?

Seulement quand personne ne décroche au cabinet, puisque le renvoi est conditionnel. Et elle distingue les cas : un client qui suit un dossier, un nouveau prospect et un confrère n'appellent pas la même réponse. Vous recevez un compte rendu qui le précise.

Peut-elle annoncer mes honoraires ?

Uniquement ce que vous avez écrit dans vos consignes, mot pour mot. Si vous n'y mettez aucun montant, elle renvoie au rendez-vous sans jamais avancer un ordre de grandeur de son propre chef.

Est-ce compatible avec un secrétariat déjà en place ?

Oui, et c'est souvent le meilleur usage : elle prend le débordement, les audiences et les heures de fermeture. Le secrétariat garde ce qui demande du jugement et la relation avec les clients suivis.

Le cabinet garde-t-il son numéro ?

Oui. Celui qui figure sur vos courriers, votre plaque et les annuaires ne change pas. Le renvoi conditionnel se pose une fois depuis le téléphone du cabinet, et il se suspend aussi simplement qu'il s'active.

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