Qualification des leads par IA : ce qu'un closer gagne à filtrer avant l'agenda

Par Bruno Vigné, fondateur d'Appellia · Publié le

Dans presque tous les métiers, le problème du téléphone est d'en manquer. Chez un closer, c'est l'inverse : l'agenda est plein, et c'est bien là le problème. Plein de rendez-vous qui n'aboutiront pas, avec des gens qui ne décident pas, n'ont pas le budget, ou ne savaient pas vraiment pourquoi ils avaient pris ce créneau.

Cet article part de cette particularité : ce qui manque n'est pas de la capacité, c'est de la composition.

Un agenda plein n'est pas un bon agenda

Le temps d'un closer se mesure en créneaux. Chaque créneau occupé par quelqu'un qui n'achètera pas est un créneau qui n'est plus disponible pour quelqu'un qui aurait acheté. Le coût ne se voit pas, parce qu'il ressemble à de l'activité.

Et le mal se répare mal en aval : une fois le rendez-vous posé, il est trop tard. Vous le tenez, par correction, en sachant souvent dès les premières minutes qu'il ne mènera nulle part.

C'est pour cela que la qualification a plus de valeur en amont qu'en aval. Une question posée avant la prise du créneau économise une demi-heure ; la même question posée pendant le rendez-vous ne fait que confirmer qu'il ne fallait pas le prendre.

Votre métier vous rend injoignable, par construction

Un closer passe sa journée en appel. Ce n'est pas un aléa d'organisation, c'est la définition du poste. Chaque appel entrant qui arrive pendant un rendez-vous de vente tombe donc, par nature, au seul moment où vous ne pouvez pas le prendre.

Or une partie de vos prospects appellent plutôt que de remplir un formulaire : ceux qui ont vu un numéro dans une publicité, dans une description de vidéo, sur un profil. Ce sont souvent les plus motivés, ceux qui ne veulent pas attendre.

Le délai de réponse compte particulièrement dans la vente. Une recherche publiée dans la Harvard Business Review sur la rapidité de traitement des demandes en ligne conclut d'ailleurs que la plupart des entreprises ne répondent pas assez vite. Ce que chacun observe à son échelle : un prospect qui attend refroidit, ou trouve ailleurs.

Ce qu'une assistante vocale peut filtrer avant vous

Ce qu'elle ne fait pas : elle ne rappelle personne

C'est la limite qu'il faut connaître avant tout le reste, parce qu'elle décide de l'usage : l'assistante répond aux appels entrants. Elle ne passe aucun appel sortant, ne relance aucun formulaire et ne poursuit personne.

Si votre flux principal est « le prospect remplit un formulaire, puis je l'appelle », elle n'intervient pas sur cette partie-là. Elle couvre l'autre moitié, celle qu'on oublie souvent de compter : les gens qui prennent l'initiative d'appeler, et qui tombent aujourd'hui sur une ligne occupée.

Elle ne remplace pas non plus votre jugement. Entendre une personne, sentir une hésitation, décider d'insister ou non : c'est votre métier, et une assistante qui prétendrait le faire vous ferait perdre des affaires plutôt que d'en gagner.

Le no-show, l'autre poste de perte

Un rendez-vous non honoré coûte deux fois : le créneau est perdu, et il l'est trop tard pour être revendu. Une partie de ces absences s'annonce pourtant, par un appel que personne ne prend parce qu'il arrive pendant un autre rendez-vous.

Un appel d'annulation entendu le matin est un créneau qui se replace dans la journée. Le même appel manqué devient une demi-heure de silence devant un écran.

C'est un gain modeste sur un appel, et significatif sur un mois, précisément parce qu'il porte sur la ressource la plus contrainte du métier : le temps de rendez-vous.

Appellia pour les closers et les équipes de vente

Appellia est un standard téléphonique par intelligence artificielle destiné aux petites structures françaises. L'assistante porte le prénom que vous choisissez, suit les consignes que vous écrivez, et annonce dès le début de l'appel qu'elle est une intelligence artificielle.

Pour un closer, le réglage tient dans une liste de questions de qualification et une règle de sortie : ce que vous voulez savoir avant d'accorder un créneau, et ce qui vous fait dire non tout de suite. Ces consignes peuvent différer d'une offre à l'autre.

Vous gardez la main : décrocher suffit à reprendre un appel, et si une demande mérite de vous parvenir immédiatement, l'assistante peut transférer l'appel vers le numéro que vous avez indiqué.

Par où commencer

  1. Choisissez une seule offre pour démarrer, pas votre portefeuille entier. Les consignes seront plus nettes, et vous verrez plus vite ce qui marche.
  2. Écrivez les trois ou quatre questions qui, chez vous, séparent un bon rendez-vous d'un mauvais. Si vous n'arrivez pas à les écrire, c'est le vrai travail à faire, et il vaut le détour indépendamment de l'outil.
  3. Écrivez aussi la règle de refus : ce qui vous fait dire non, et la phrase exacte pour le dire poliment.
  4. Appelez votre propre numéro en jouant un bon prospect, puis un mauvais, et corrigez jusqu'à ce que le tri corresponde au vôtre.

Questions fréquentes

Peut-elle rappeler mes leads ou relancer un formulaire ?

Non. Elle répond aux appels entrants et ne passe aucun appel sortant. Elle couvre les prospects qui prennent l'initiative d'appeler, pas la relance de votre base.

Est-ce qu'elle va faire fuir mes bons prospects ?

C'est le risque à surveiller, et il se règle par la longueur des consignes : trois ou quatre questions suffisent à trier. Un interrogatoire décourage les bons profils autant que les mauvais, et rien ne vous oblige à en poser davantage.

Peut-elle gérer plusieurs offres ou plusieurs marques ?

Les consignes se règlent par ligne : une offre, un jeu de questions, une règle de refus. Commencer par une seule offre reste le meilleur moyen de voir ce qui fonctionne avant d'étendre.

Que fait-elle d'un prospect manifestement hors cible ?

Elle le dit dès la première réponse, avec la formule que vous avez écrite, sans dérouler un questionnaire ni laisser espérer un rappel. C'est plus honnête pour la personne, et cela vous évite un message inutile.

Peut-elle transférer un appel important en direct ?

Oui, vers le numéro que vous avez défini, quand la règle que vous avez écrite est remplie. Sinon vous recevez la demande par écrit, avec ce qu'elle a recueilli.

Comment savoir si le tri correspond au mien ?

En appelant vous-même, plusieurs fois, en jouant un bon puis un mauvais prospect, puis en relisant les comptes rendus. C'est la seule manière fiable, et elle prend une demi-heure.

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Sources