Serveur vocal interactif (SVI) : définition, usages, et l'alternative qui converse

Par Bruno Vigné, fondateur d'Appellia · Publié le

Un serveur vocal interactif (SVI) est un système téléphonique qui accueille l'appelant par un message enregistré et lui fait choisir un service avec les touches de son clavier, parfois à la voix, avant d'orienter l'appel. Il trie bien quand quelqu'un répond derrière chaque choix. Il ne prend ni message détaillé ni rendez-vous : une assistante vocale par IA, elle, converse.

« Pour le service commercial, tapez 1. Pour le service technique, tapez 2. » Tout le monde a déjà entendu un serveur vocal interactif, souvent sans connaître son nom. Les professionnels le croisent surtout au moment de choisir une offre de téléphonie : le SVI y figure comme une option, ou comme un argument.

Cet article explique ce qu'est un SVI, comment il fonctionne, ce qu'il fait bien et ce qu'il ne sait pas faire. Il dit ensuite en quoi une assistante vocale par intelligence artificielle est un objet différent, et dans quels cas l'un convient mieux que l'autre.

Ce qu'est un serveur vocal interactif

Wikipédia le définit comme un « système informatique capable de dialoguer avec un utilisateur par téléphone ». En anglais, on parle d'IVR, pour interactive voice response. Le SVI diffuse des messages enregistrés ou synthétisés, attend une réponse de l'appelant, puis exécute ce qui a été prévu pour cette réponse.

L'appelant répond de deux façons. La plus courante passe par les touches du clavier : chaque touche envoie un signal sonore que le système reconnaît. L'autre passe par la reconnaissance vocale, qui se limite généralement, toujours selon Wikipédia, à des mots ou des commandes simples. Dans les deux cas, l'appelant choisit parmi des réponses prévues à l'avance : il ne raconte pas sa demande.

Comment il fonctionne, étape par étape

La logique est celle d'un arbre. Le guide de configuration d'OVHcloud en donne une bonne image : on crée des menus, on attribue une action à chaque touche, et on peut imbriquer des sous-menus pour créer des embranchements.

  1. L'appel arrive et le SVI joue le message d'accueil, qui énumère les choix. OVHcloud le présente comme la première étape indispensable, et précise que la création des fichiers sonores est à la charge du client.
  2. L'appelant appuie sur une touche, ou prononce un mot prévu. Une erreur déclenche un message d'action invalide, puis le menu repart.
  3. Selon le choix, le SVI ouvre un sous-menu, diffuse une information (horaires, adresse), renvoie l'appel vers un poste ou un numéro, ou l'envoie vers une messagerie.
  4. Des conditions peuvent changer le parcours : plages horaires d'ouverture, jours de fermeture exceptionnelle, liste noire ou liste blanche de numéros. Hors horaires, l'appelant entend par exemple un message de fermeture.

À quoi il sert vraiment

Un SVI est fait pour orienter. Quand une entreprise a plusieurs services et des personnes pour répondre dans chacun, il évite qu'un standardiste passe sa journée à transférer des appels. Orange Pro cite aussi l'accès aux informations à toute heure, comme les horaires ou les tarifs, le renvoi vers un autre numéro en cas d'absence, et le tri de certaines informations avant que l'appel soit décroché.

Wikipédia cite les grands usages historiques : les centres d'appels, qui identifient et priorisent les clients avant de les passer à un conseiller, la banque, qui a ouvert la consultation de comptes par téléphone à toute heure, et les votes par téléphone. Le point commun : un grand nombre d'appels, des demandes qui se rangent dans quelques cases, et des équipes derrière.

Ce qui fait le coût d'un SVI

Aucune des sources lues pour cet article ne donne de prix, et pour cause : le SVI est rarement vendu seul. Il est le plus souvent une fonction d'une offre de téléphonie d'entreprise, standard virtuel ou téléphonie sur internet, incluse ou proposée en option selon l'opérateur. Le seul chiffre fiable est donc celui de la grille de votre opérateur.

Le prix affiché ne dit pas tout. Il faut ajouter l'enregistrement des messages, que vous faites vous-même ou que vous confiez à un studio ou à une voix de synthèse, le temps de paramétrage, et surtout ce que le SVI ne fait pas : il ne répond à rien lui-même. Derrière chaque touche, il faut quelqu'un, ou une messagerie que l'appelant n'a pas forcément envie de remplir.

Ses limites, et pourquoi les appelants s'en plaignent

Les critiques sont aussi anciennes que l'outil. Wikipédia rappelle que les SVI ont été jugés « impersonnels, obtus, compliqués » dès leur apparition, et qu'ils peuvent être « frustrants » quand il faut écouter de nombreux menus. Orange Pro conseille d'ailleurs de ne pas dépasser trois ou quatre choix au premier niveau.

Pour une petite entreprise, la limite est plus simple encore. Un artisan seul n'a pas de service commercial et de service technique : toutes les touches mènent au même téléphone, celui qu'il ne peut pas prendre parce qu'il est sur un chantier. Le menu ajoute une étape à l'appelant, et l'appel finit au même endroit qu'avant, sur la messagerie.

SVI, répondeur, assistante vocale IA : le tableau

Ces trois outils sont souvent rangés dans la même catégorie. Ils ne font pas la même chose, et la colonne qui compte est la dernière : ce que vous savez de l'appel une fois qu'il est terminé.

Comment l'appelant s'exprimeQuand personne n'est disponibleCe que vous recevez
Serveur vocal interactifIl choisit une touche ou un mot prévuMessage de fermeture ou messagerieRien, sauf un message vocal si l'appelant en laisse un
RépondeurIl laisse un message après le bip, s'il le veutC'est son seul cas d'usageUn message vocal, souvent incomplet
Assistante vocale IAIl explique sa demande avec ses motsElle répond, note, propose un rendez-vousUn compte rendu écrit : qui, pour quoi, quel numéro

Quand garder un SVI, quand passer à une assistante qui converse

Ce qu'une assistante vocale IA ne fait pas, face à un SVI

Elle n'oriente pas entre plusieurs services. Une assistante comme celle d'Appellia peut transférer l'appel vers un seul numéro, si vous en avez indiqué un, et seulement quand la demande le justifie, une urgence par exemple ; elle ne remplace pas un arbre de choix vers cinq postes différents.

Elle ne fait pas non plus semblant d'être une personne : elle se présente comme une intelligence artificielle dès le début de l'appel. Et elle ne sait que ce que vous lui avez écrit : une question dont la réponse n'est pas dans vos informations devient un message, pas une réponse inventée.

Comment Appellia se place

Appellia n'est pas un serveur vocal interactif : il n'y a ni menu ni touche. C'est une assistante vocale par intelligence artificielle qui décroche les appels que vous ne prenez pas, écoute la demande dans les mots de l'appelant, pose une question à la fois, prend le rendez-vous si votre agenda Google est connecté, et vous envoie après chaque appel un compte rendu écrit. Elle s'installe par un renvoi d'appel conditionnel sur votre numéro actuel : votre téléphone sonne d'abord, et décrocher garde la main.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un serveur vocal interactif ?

C'est un système téléphonique qui accueille l'appelant par un message enregistré et lui fait choisir parmi des options, avec les touches du clavier ou quelques mots, avant d'orienter l'appel vers un service, une information ou une messagerie. On l'appelle aussi SVI, ou IVR en anglais.

Quel est le prix d'un serveur vocal interactif ?

Il dépend de l'opérateur : le SVI est le plus souvent une fonction d'une offre de téléphonie d'entreprise, incluse ou en option. Comptez aussi l'enregistrement des messages et le temps de paramétrage, et surtout les personnes qui doivent répondre derrière chaque touche.

Comment créer un serveur vocal interactif ?

Depuis l'espace client de votre opérateur de téléphonie, si votre offre le permet : on enregistre un message d'accueil qui énumère les choix, on crée les menus, on attribue une action à chaque touche, puis on ajoute des conditions comme les horaires d'ouverture.

Quelle différence entre un SVI et un callbot ?

Le SVI fait choisir l'appelant parmi des options prévues, surtout avec les touches. Un callbot, ou agent vocal, converse : l'appelant explique sa demande avec ses propres mots et l'outil lui répond. Le premier oriente un appel, le second peut le traiter.

Combien de choix mettre dans un menu de SVI ?

Peu. Orange Pro conseille de ne pas dépasser trois ou quatre choix au premier niveau, et les critiques des SVI portent justement sur les menus trop longs. Chaque niveau de plus est une occasion de raccrocher.

Un serveur vocal interactif peut-il prendre un rendez-vous ?

Pas à lui seul : il oriente l'appel ou diffuse une information. Pour qu'un rendez-vous soit pris sans personne au bout du fil, il faut un outil qui converse et consulte un agenda, comme une assistante vocale par intelligence artificielle.

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