Standard téléphonique virtuel : virtuel ne veut pas dire intelligent

Par Bruno Vigné, fondateur d'Appellia · Publié le

Un standard téléphonique virtuel est un standard hébergé chez un opérateur plutôt qu'un boîtier au mur : annonce, menu à touches, sonnerie sur plusieurs postes, attente, transfert. Virtuel veut dire « hors de vos murs », pas « intelligent » : il fait ce qu'on lui dit sans comprendre l'appelant. C'est ce qu'un standard IA change, ou non.

Un standard téléphonique virtuel est un standard hébergé chez un opérateur au lieu d'un boîtier au mur : il reçoit les appels, joue une annonce, propose un menu (« tapez 1 pour le service commercial »), fait sonner un ou plusieurs postes, met en attente, transfère, enregistre. Il est virtuel parce qu'il n'est plus chez vous ; il n'est pas intelligent pour autant, et ce n'est pas un défaut : il fait ce qu'on lui dit, exactement.

Cet article dit ce qu'un standard virtuel fait très bien, ce qu'il ne fait pas, et à quel moment le mot « IA » accolé à « standard » change quelque chose pour une petite entreprise, ou n'y change rien.

Ce qu'est un standard téléphonique virtuel

Avant, un standard était une machine dans un placard, reliée aux postes de l'entreprise par des câbles. Le standard virtuel met cette machine chez un opérateur, sur Internet : les postes deviennent des applications sur un ordinateur ou un téléphone, les numéros se créent en quelques clics, et l'entreprise n'a plus rien à entretenir.

Ce qu'il fait, il le fait bien : une annonce d'accueil, un menu à touches, des règles d'horaires (« en dehors de 9 h à 18 h, messagerie »), des files d'attente avec musique, le transfert vers le bon poste, l'enregistrement des appels, des statistiques. Pour une équipe de plusieurs personnes qui répondent depuis plusieurs endroits, c'est l'outil qui manque quand on n'a qu'un portable.

Ce qu'il ne fait pas : il ne comprend pas

Un standard virtuel ne sait pas ce que veut l'appelant. Il lui demande de choisir dans une liste, avec une touche. Si la demande n'est dans aucune case, l'appelant choisit au hasard, ou raccroche. Et une fois le bon poste choisi, quelqu'un doit décrocher : le standard fait sonner, il ne répond pas.

Pour un artisan seul ou une très petite équipe, le menu est même un obstacle : il n'y a qu'un poste au bout, et l'appelant a dû taper une touche pour arriver à une sonnerie que personne ne prend, puisque tout le monde est sur un chantier. Le standard a bien fonctionné ; l'appel est perdu quand même.

Il ne prend pas de rendez-vous, ne note pas de message structuré, ne dit pas à l'appelant si vous intervenez chez lui, et ne vous envoie pas de compte rendu : au mieux, un message vocal et un journal des appels manqués.

Le tableau : standard virtuel, standard IA, et le renvoi tout simple

Standard téléphonique virtuelStandard téléphonique IAUn simple renvoi vers une assistante
Ce qu'entend l'appelantUne annonce et un menu à touchesUne voix qui pose une question ouverteUne voix qui pose une question ouverte
Comprend une demande formulée librementNonOuiOui
Fait sonner plusieurs postesOui, c'est son métierSelon l'offreNon : un renvoi depuis votre ligne
Répond quand personne ne décrocheNon : messagerieOuiOui
Prend un rendez-vous, transfère une urgenceNonOui, selon les règlesOui, selon les règles
Compte rendu après l'appelJournal des appels, messages vocauxÉcrit, avec transcriptionÉcrit, avec transcription
Pour quiUne équipe qui répond depuis plusieurs postesUne équipe qui veut aussi couvrir ce qu'elle ne prend pasUne personne ou une très petite équipe, sans standard
Matériel ou installationDes applications sur chaque posteSelon l'offreAucun : un renvoi conditionnel posé une fois

Le SVI, ou serveur vocal interactif : le menu, sous son vrai nom

Le menu à touches d'un standard porte un nom technique : serveur vocal interactif, ou SVI. C'est lui qui dit « tapez 1 » et qui aiguille selon la touche. Certaines offres le vendent seul, à petit prix, comme une façon de « professionnaliser l'accueil » ; c'est vrai pour une entreprise qui a plusieurs services, et c'est un détour pour une entreprise qui n'en a qu'un.

Un SVI reste un SVI quand son annonce est générée par une voix de synthèse. Il ne devient une IA que le jour où il comprend une phrase au lieu d'attendre une touche. La question à poser à toute offre qui écrit « SVI intelligent » ou « menu vocal IA » est simple : l'appelant peut-il dire ce qu'il veut avec ses mots, et obtenir une réponse ? Si la réponse est « il choisit dans un menu », c'est un SVI.

Quand un standard virtuel est le bon choix

Quand il ne règle pas votre problème

Ce que l'IA change, et ce qu'elle ne change pas

Ce qu'elle change : la question ouverte à la place du menu, la réponse à la place de la sonnerie, le rendez-vous pris pendant l'appel, le compte rendu écrit. L'appelant dit ce qu'il veut avec ses mots, et quelqu'un, une intelligence artificielle qui se présente comme telle, lui répond.

Ce qu'elle ne change pas : les besoins d'organisation d'une équipe. Un standard IA ne remplace pas une file d'attente entre dix commerciaux ; il vient avant ou après. Et pour une personne seule, il n'a même pas besoin d'un standard : un renvoi d'appel conditionnel depuis la ligne existante suffit, sans application à installer et sans changer de numéro.

Ce qu'elle ne fait pas non plus : diagnostiquer, deviser, décider hors de vos consignes, ni faire parler quelqu'un qui préfère raccrocher sur une voix de synthèse.

Comment Appellia se place

Appellia n'est pas un standard virtuel et n'en remplace pas un : c'est la colonne de droite du tableau, une assistante qui décroche votre ligne existante quand vous ne le faites pas, par un renvoi conditionnel. Votre téléphone sonne d'abord ; elle prend le reste, se présente comme une intelligence artificielle, prend le rendez-vous si votre agenda est connecté, transfère les urgences selon vos règles et vous envoie un compte rendu. Si vous avez déjà un standard virtuel et une équipe pour y répondre, gardez-le : elle peut prendre ce que l'équipe ne prend pas, mais elle ne l'organise pas.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un standard téléphonique virtuel et un standard IA ?

Le standard virtuel est un standard hébergé chez un opérateur : annonce, menu à touches, transfert vers des postes, files d'attente. Il fait choisir, il ne comprend pas, et quelqu'un doit décrocher au bout. Le standard IA comprend une demande formulée librement, répond quand personne ne décroche, prend le rendez-vous et vous rend compte.

Ai-je besoin d'un standard si je suis seul ?

En général non. Un standard sert à répartir les appels entre plusieurs postes. Seul, votre problème est l'appel que vous ne pouvez pas prendre : un renvoi d'appel conditionnel vers une assistante qui décroche le règle sans standard, sans application et sans changer de numéro.

Un standard virtuel répond-il aux appels quand personne n'est disponible ?

Non. Il joue une annonce, fait patienter ou renvoie vers la messagerie. Il n'a pas de voix qui tient une conversation. C'est précisément ce qu'ajoute une assistante IA.

Peut-on avoir les deux ?

Oui. Un standard virtuel organise les appels entre les personnes de l'équipe ; une assistante IA prend ceux que personne ne prend, aux heures creuses ou quand tout le monde est occupé. Ils ne font pas le même travail.

Le mot « virtuel » veut-il dire que c'est une IA ?

Non. Virtuel veut dire hébergé dans le nuage, sans boîtier chez vous. Un standard virtuel classique fonctionne avec des menus à touches, pas avec une intelligence artificielle. Quand une offre dit « standard virtuel IA », il faut vérifier ce que l'IA fait réellement : un menu généré par synthèse vocale reste un menu.

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